François Fillon à l’heure de la vérité : le fillonisme, pierre philosophale sans héritier

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Le fillonisme, pierre philosophale de la droite

Dimanche 27 novembre 2016, 19 heures passées. Dans plus de 10 000 bureaux de votes sont comptées les voix de 4,4 millions d’électeurs, rendus aux urnes pour décider de l’issue du second tour de la primaire de la droite et du centre. 3 millions d’enveloppes s’ouvrent alors sur le bulletin de François Fillon. « Le courage de la vérité » a séduit 66,49% des électeurs ayant participé à la plus importante primaire de la campagne – deux fois plus mobilisante que la « primaire citoyenne » du Parti socialiste, trois-cent-quinze fois plus que la « primaire de l’écologie ». Après la mise au ban de Nicolas Sarkozy dès le premier tour, cette victoire franche marque une nouvelle ère pour Les Républicains. « François incarnait une forme de radicalité dans la rupture », se rappelle Bruno Retailleau. Depuis son quartier général, le candidat victorieux promet un « changement complet de logiciel. » Mais le temps n’est pas à la discorde. Avant d’espérer rassembler les Français derrière son projet, la nouvelle tête des Républicains doit prendre en compte les rancœurs juppéistes et sarkozystes pour assurer l’union de sa famille politique. Elle ne le lui rendra que très peu.

« Ce que portait François Fillon en 2017, les Français le veulent toujours. » Pour Bruno Retailleau, la ligne portée par le candidat sarthois ne s’est pas imposée par hasard. « Il était, sur le plan idéologique, le barycentre des droites », analyse-t-il. Sa vision semblait représenter le juste équilibre entre la composante régalienne – tenant à sa personnalité –, le libéralisme, le conservatisme. Et le projet civilisationnel. Pour le sénateur vendéen, cette composante de la « recette Fillon » était déterminante : « Les peuples occidentaux ne demandent pas un point de croissance en plus ou un point de chômage en moins », assure-t-il, « la question est devenue celle du combat existentiel, c’est-à-dire civilisationnel. » Le Premier ministre confesse son obsession pour le double conflit qui menace une Europe déliquescente : l’impérialisme chinois, d’une part, le totalitarisme islamique, auquel il avait consacré son livre de la dernière campagne, d’autre part.

« La France ne supporte pas son décrochage : la France veut la vérité, la France veut des actes. Ce quinquennat qui s’achève a été pathétique. Il va falloir y mettre un terme, et repartir de l’avant comme nous ne l’avons jamais fait depuis trente ans. » Le discours du 27 novembre 2016 galvanise les partisans du candidat couronné. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui voudraient découvrir le secret du succès de la campagne primaire. Sa victoire, il paraît la devoir, notamment, à sa personne, sa personnalité, sa conviction. « Sa parole était brève, ciselée », commente Bruno Retailleau. « Elle tombait comme un fil à plomb – non pas qu’elle fût absolue, mais on ne voulait pas la contester. Il était une incarnation de l’autorité. » Le soutien des premières heures marque une pause. Puis : « Il n’y a pas de fillonisme sans Fillon : il n’y a qu’un héritage. Un héritage délaissé. »

Qui reprendra l’héritage Fillon ?

En 2017, la droite classique se voit écartée du second tour, pour la première fois de l’histoire de la Ve République. Les Républicains ne semblent pas pardonner cette défaite, ni à François Fillon, ni à sa ligne politique. Peu abordé en interne, le sujet n’a semblé émerger qu’à l’occasion des débats sur la possible primaire. Il aura même été déterminant, d’après un grand élu : « Si la direction du parti a tout fait pour tuer la primaire, c’est en raison de ce traumatisme. » 

Si le cap libéral-conservateur na pas survécu au candidat sarthois, ce dernier s‘amuse des reprises parcellaires, souvent régaliennes, de son programme de 2017 à l’approche de la campagne présidentielle. Cependant, trois de ses positions ont, selon lui, définitivement été abandonnées. Sur le plan économique, la classe politique droitière semble privilégier une forme de démocratie sociale qui s’oppose à son libéralisme économique. Quant à la dépense, tous semblent terrifiés par « l’effet 500 000 suppression d’emplois de fonctionnaires ». François Fillon déplore enfin le délaissement du terrain sociétal. Gestation pour autrui, bioéthique, transidentité, transhumanisme… personne ne semble vouloir s’y aventurer. Son ancien parti paraît avoir jeté l’éponge – grâce à quoi se démarque, seul, Eric Zemmour. Pessimiste quant à l’avenir de sa famille politique, François Fillon pressent une seconde absence consécutive de la droite au second tour, trop préoccupée par sa mauvaise conscience de 2017.

Même François Fillon observe ce phénomène avec une certaine curiosité : une partie des fillonistes se sont mus en zemmouriens. Un quart des 7 200 000 voix fillonistes de 2017 s’expriment aujourd’hui en faveur du journaliste. Cet électorat semble fidèle à la hauteur de vue civilisationnelle commune aux deux hommes : « Fukuyama n’a jamais eu aussi tort, Huntington n’a jamais eu autant raison, François Fillon l’avait compris », affirme Bruno Retailleau : « l’Histoire s’est poursuivie, sans finir, vers le choc des civilisations. » Le résultat du premier tour de 2017 tombé, Eric Zemmour qualifiait déjà l’affaire de « putsch juridico-médiatique » – il persiste et signe aujourd’hui pour Valeurs actuelles. L’auteur du Coup d’Etat des juges (Grasset) conclut son réquisitoire par une funeste prédiction pour 2022 : « On a volé l’élection à François Fillon et à ses électeurs. Désormais cela aura lieu à chaque présidentielle : le système actionnera la machine juridico-médiatique contre l’opposant le plus dangereux. »

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